Je n’ai cessé d’être une amoureuse de l’amour. Depuis petite, j’ai toujours idéalisé l’amour, le vrai. Celui qui fait vibrer et se sentir vivant. Alors, lorsque mon handicap a bouleversé ma vie, l’amour est devenu l’une de mes préoccupations premières. Malgré, les douleurs et les épreuves que mon handicap m’imposait, je n’ai jamais arrêter d’y penser. Pour moi, si j’étais amoureuse dans la vie, je pourrais tout surmonter. Puis sont venus les premiers sentiments et cette sensation d’être amoureuse. C’était grisant, euphorisant, mais tellement effrayant. Je savais que l’amour pouvait me sauver… mais aussi me détruire. Et puis il y a eu cette question, vais-je être aimée en retour ?
Mais derrière cette question se cachait autre chose. Une peur plus profonde. La peur de ne pas être choisie.
La peur d’être perçue uniquement à travers mon handicap et que l’on me préfère une personne valide.
Quand on vit avec une différence visible ou invisible, on apprend très tôt que le regard des autres peut changer. Il peut devenir curieux, maladroit, parfois gêné. Alors forcément, on se demande si, dans ce regard, il peut aussi y avoir du désir. De l’admiration. De l’amour.
Je me suis souvent demandé si l’on pouvait tomber amoureux de moi sans que le handicap prenne toute la place. Si quelqu’un pouvait voir la femme avant de voir la fragilité. Voir la force avant de voir les limites.
Parce qu’aimer, ce n’est pas seulement accepter. C’est choisir. C’est accepter l’autre. C’est projeter un avenir commun.
En attendant de vivre le grand frisson, j’ai écrit mes histoires d’amour rêvées, sans en oublier le handicap que je mentionnais dans mes romances, car pour moi, il était essentiel que le monde comprenne que les deux n’étaient pas incompatibles.
Écrire était ma manière de reprendre le pouvoir. Dans mes histoires, les héroïnes pouvaient aimer intensément. Elles pouvaient être vulnérables, fortes, imparfaites… et profondément désirables. Le handicap n’était pas un obstacle à l’amour. Il faisait partie du décor, mais ne définissait pas la valeur du personnage.
Peut-être que, sans m’en rendre compte, j’écrivais les histoires que j’avais besoin de lire. Des histoires où l’on ne sauve pas la femme handicapée. On l’aime. Et puis j’ai compris que ces histoires, j’en avais profondément besoin.
Je suis tombée amoureuse, à de nombreuses reprises et c’est l’une des plus belles choses sur terre. Même s’il peut-être douloureux d’être amoureuse, il n’enlève en rien sa beauté. Être amoureuse en ayant un handicap n’a en fin de compte rien de différent par rapport à ceux ou celles qui n’en ont pas. L’amour peut-être à la fois beau et laid, heureux et triste, long ou court, mais il restera toujours vrai.
Oui, il y a eu des déceptions. Des silences. Des incompréhensions. Des remises en question.
Vais-je un jour être aimée pour ce que je suis malgré le handicap ?
Il y a eu des moments où je me suis demandé si mon handicap faisait peur.
Si certaines personnes reculaient avant même d’essayer. Mais il y a aussi eu des regards sincères. Des instants suspendus. Des battements de cœur qui ne demandaient aucune explication.
Et j’ai compris quelque chose d’essentiel : Le handicap ne rend pas l’amour plus impossible.
Il rend simplement les peurs plus bruyantes et l’amour plus vrai.
En réalité, nous avons tous peur d’être rejetés. Peur de ne pas être assez. Pas assez beau. Pas assez intéressant.
Pas assez stable. Le handicap ne crée pas cette peur. Il la met en lumière.
Tomber amoureuse restera toujours une merveille de la vie, handicap ou non.
Parce que l’amour ne demande pas la perfection. Il demande la vérité.
Et la vérité, c’est que nous sommes tous vulnérables quand nous aimons.
Avec ou sans handicaps.
Et vous, avez-vous déjà eu peur d’être rejeté à cause d’une différence ?